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1. Un rhizome original
Le gingembre (Zingiber officinale) est une plante tropicale proche des orchidées originaire de la région orientale des Indes autour de Pondichéry, dans le district de Gingi. Les indiens lui donnent trois noms différents : sunthi pour la plante, nagara pour le rhizome frais, ardraka pour le rhizome séché. Pour eux, c’est la plante fondamentale, la médecine ayurvédique considérant le gingembre comme le wiswabhesaj (remède universel).
La plante, vivace, ressemble au glaïeul : les feuilles se dressent en lames de sabre qui s’emboîtent les unes dans les autres à partir de tiges qui s’élèvent à 1 mètre 50 de haut, portant des inflorescences terminales allant du jaune au vert pâle. C’est la partie souterraine du gingembre la plus importante, constituée de rhizomes gris, charnus, noueux, nommés sringavero en langue sanscrite (littéralement : à l’aspect de bois de cerf). Lavé, pelé, puis séché au soleil, le rhizome est ensuite réduit en poudre, devenant l’épice que nous connaissons, fort appréciée dans la cuisine, mais aussi la matière première de bien des produits diététiques, compte tenu de sa valeur médicinale.
La culture du gingembre a progressivement gagné toute l’Asie, du Japon à la Chine en passant par le Sri Lanka, ainsi que l’Océanie ou encore les Antilles, Cuba, la Jamaïque pour gagner le Brésil et nombre de pays africains comme le Sénégal, le Nigéria et la Sierra Leone. En effet, c’est une épice majeure.
2. Les usages culinaires
En Asie, le gingembre est utilisé, frais ou séché, pour relever tous les plats, que ce soient les viandes en sauce ou les poissons, les légumes, les soupes ... sans oublier les confiseries où on l’incorpore après l’avoir confit. Il entre bien sûr dans la composition du fameux curry indien si délicieux.
En Europe, ce sont surtout les anglais qui l’utilisent pour parfumer leurs boissons (ginger beer, ginger ale, ginger brandy, ginger wine) ou donner ce goût poivré inimitable aux biscuits et aux marmelades qui accompagnent leur five o’clock tea. Le gingembre est omniprésent sur les tables anglaises.
La cuisine africaine et antillaise emploie également largement le gingembre, seul ou associé à d’autres épices pour donner du sentiment aux plats, l’association du gingembre et du piment-oiseau étant très aphrodisiaque.
Le gingembre a toujours été considéré pour sa double vocation d’épice et de plante médicinale, le commerce du gingembre (comme celui de bien d’autres épices) n’ayant jamais cessé entre l’Orient et l’Occident depuis l’Antiquité.
3. Les usages traditionnels du gingembre en médecine
Le grec Dioscoride le recommande pour favoriser la digestion, de même que le romain Pline pour fortifier l’estomac et relâcher le ventre. Plus tard, les pharmacopées médiévales louent les vertus du gingembre comme plante tonique qui fait également tomber la fièvre. Hildegarde de Bingen, au XIè siècle, l’indique pour stimuler l’ardeur vitale chez les vieillards.
Le gingembre entre dans la composition du célèbre Baume de Fioraventi, au XVIè : associé à la térébenthine, à la myrrhe, à l’aloès, à la cannelle, à la girofle et à la muscade il permet de soulager les douleurs les plus rebelles.
Pour l’Ecole de Salerne le gingembre est une véritable panacée ayant des propriétés stomachiques, stimulantes et aphrodisiaques. Ce dernier point est repris dans le Dictionnaire Universel de 1775 qui indique que le gingembre excite puissamment l’amour. Indication généralement reprise par tous.
4. Composition
- Composés phénoliques (gingérol, gingérone).
- Terpènes (phellandrène, camphène, zingibérène).
- Alcools sesquiterpéniques (isobornéol, linalol, citronnelol).
- Huile essentielle riche en oléorésines.
- Acide acétique, acide caprylique, acide laurique, acide stéarique.
5. Propriétés et indications thérapeutiques
- Tonique, stimulant, revitalisant.
- Apéritif, stomachique, carminatif.
- Cholagogue.
- Astringent intestinal.
- Fébrifuge, antiseptique.
- Expectorant, antitussif.
- Analgésique, antalgique.
- Aphrodisiaque.
- Fatigue, manque de tonus, manque de vitalité, manque d’énergie.
- Digestions difficiles, flatulences, ballonnements, gaz intestinaux.
- Insuffisance hépato-biliaire.
- Régulation intestinale en cas de diarrhées chroniques.
- Fièvre, maladies infectieuses.
- Toux, bronchites.
- Douleurs rhumatismales articulaires.
- Asthénie sexuelle, impuissance.
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