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Après les premières gelées, les anciens, traditionnellement, cueillaient les fruits de l’églantier pour en faire une confiture aux vertus anti-grippales.
1. Les rosiers sauvages
Sous le nom de Rosa canina on regroupe plusieurs espèces différentes de rosiers sauvages plus connus sous le nom d’églantiers. Avant que le remembrement ne défigure le paysage agraire, les églantiers pullulaient dans nos campagnes sous forme de buissons, au bord des chemins ou encore au sein des haies qui délimitaient alors les parcelles cultivées ou les pâturages.
Au solstice d’été, fin juin, quand les églantiers étaient en fleurs, c’était un ravissement de contempler ces buissons roses et parfumés.
Et nous nous souvenons tous d’avoir, enfants, joué avec la bourre de poils se trouvant dans les réceptacles de ces fleurs, ce gratte-cul (encore appelé poil à gratter) qu’on plaçait subrepticement dans le dos des autres.
Toutes les parties de l’églantier ont des vertus médicinales : les feuilles, les fleurs, les racines (réputées, disait-on autrefois, guérir contre les morsures de chiens enragés, d’où le nom botanique : canina) et surtout les fruits.
2. Des feuilles qui sont les fruits de l’hiver
On appelle cynorrhodon le fruit de l’églantier, cette baie rouge vif qui mûrit très tard, à l’automne. De forme ovoïde, le cynorrhodon est entouré d’une paroi épaisse et charnue qui finit par s’amollir à maturité.
Le cynorrhodon devient alors pulpeux, gorgé de cette vitamine C dont il est le plus riche des fruits dans nos pays au climat tempéré (l’équivalent de la cerise acérola des pays tropicaux). L’acide ascorbique y est associé à l’acide citrique et à l’acide malique dans un ensemble organique très actif.
On récolte les cynorrhodons à l’entrée de l’hiver, après les premières gelées, quand toutes les feuilles des églantiers sont tombées. Et on en fait de multiples usages en prévision, justement, des affections hivernales.
3. Usages traditionnels
Les livres de remèdes de traditions populaires dits remèdes de grands-mères regorgent de recettes utilisant le cynorrhodon :
- Marmelade de cynorhodon contre la maladie scorbutique.
- Confiture de cynorrhodon pour les enfants rachitiques.
- Gelée de cynorrhodon pour les malades convalescents.
- Liqueur de cynorrhodon pour fortifier les vieillards.
- Sirop de cynorrhodon contre la grippe.
- Vin de cynorrhodon pour les gens anémiés.
Sous la naïveté des expressions qualifiant ces usages anciens se cache les propriétés connues de l’omniprésente vitamine C au sein du cynorrhodon.
4. Composition
- Acide ascorbique (vitamine C) en grande quantité.
- Acide citrique, acide malique.
- Alpha carotène, bêta carotène.
- Autres caroténoïdes : rubixanthine, zéaxanthine, xanthophylle.
- Autres vitamines : B1, B2, PP, E, K.
- Pectine.
- Myricine.
- Tannins (également en quantité).
- Vanilline.
5. Propriétés et indications
- Antiscorbutique.
- Tonique.
- Antianémique.
- Anti-infectieux.
- Fortifiant général de l’organisme.
- Immunostimulant.
- Asthénie, anorexie.
- Grande fatigue (physique et nerveuse).
- Maladies infectieuses.
- Maladies infantiles.
- Maladies carentielles.
- Troubles de la croissance.
- Etat grippal.
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